Le Facile à Lire et à Comprendre (FALC) : témoignage de Baba

Le 19 mars 2019, j’ai participé au séminaire sur le Facile à Lire et à Comprendre (FALC) dans les locaux de l’Unapei. Des associations et des ESAT (Établissement de Service et d’Aide par le Travail) venus d’horizons différents étaient présents. Ainsi durant toute la rencontre, j’ai pu assister à des échanges enrichissants sur leurs expériences et méthodes de travail. Le FALC a été créé en 2009 dans le cadre du projet européen Pathways.

Le Facile à Lire et à Comprendre, pour quel public ?

Le handicap est un sujet méconnu, mais retenons qu’il se présente sous diverses formes :

  • Handicaps visuels
  • Handicaps auditifs
  • Handicaps physiques
  • Handicaps cognitifs
  • Handicap de parole
  • Handicaps neurologiques
  • Handicaps intellectuels

Et la liste n’est pas exhaustive.

Le Facile à Lire et à Comprendre (FALC) est développé par et pour les personnes handicapées intellectuelles. Ainsi il permet de rendre l’information accessible quelle qu’elle soit.

L’accès à l’information est un droit régi au niveau international par la convention des Nations unies pour les personnes handicapées et en France par la loi du 11 février 2005.

Le FALC : nécessaire pour certains, utile à tous

Le Facile à Lire et à Comprendre (FALC) peut bénéficier à d’autres. Il est d’abord pensé comme un outil d’inclusion des personnes handicapées intellectuelles, mais il est utile également à un public qui ne maîtrise pas la langue française ou dont la langue maternelle n’est pas le français :

  • Personne en situation d’illettrisme
  • Migrant

Je m’appelle Baba Thiam, je suis arrivé en France en 2003, en provenance du Sénégal pour poursuivre mes études supérieures. Bien que ma langue natale soit le wolof, je parlais déjà bien le français, mais il y avait beaucoup d’expressions « à la française » que je ne connaissais pas. Je vais vous raconter une petite anecdote. Un jour, j’avais rendez-vous avec l’assistante sociale de la médecine préventive de l’université. Quand je suis arrivé, elle m’a interpellé en me disant :

« Baba, hier je vous ai aperçu dehors, mais vous n’aviez rien sur le dos ».

Je lui ai répondu que non, je n’avais rien. Elle m’a alors conseillé de m’habiller plus chaud, car il faisait froid, sinon je risquais de tomber malade. C’est à ce moment-là que j’ai compris l’acception de cette expression (avoir quelque chose sur le dos), à savoir : s’habiller de vêtements chauds.

Dans cet exemple, vous voyez que je ne suis pas resté dans l’incompréhension très longtemps ; mais c’est aussi parce que la situation me l’a permis. Imaginons cependant une situation où une personne comprend de manière erronée des informations médicales. Les conséquences seraient majeures. Cela vient illustrer toute l’importance de promouvoir le Facile à Lire et à Comprendre (FALC) pour les personnes handicapées intellectuelles, mais aussi son utilité au-delà pour toutes et tous.

L’objectif du Facile à Lire et à Comprendre

Le Facile à Lire et à Comprendre (FALC) vise avant tout à permettre l’accès à l’information pour les personnes handicapées intellectuelles. C’est un moyen qui leur permet une meilleure compréhension de l’information et facilite les démarches de la vie quotidienne. Dès lors, le FALC devient un facteur d’inclusion et d’insertion.

Dans cette optique, on peut donner l’exemple de France Université Numérique (FUN), qui a développé une plateforme de cours en ligne, et qui travaille sur le projet d’inclure le FALC dans le mode d’emploi de la plateforme.

L’évènement autour du Facile à Lire et à Comprendre

L’Unapei a organisé cette rencontre dans ses locaux, le mardi 19 mars 2019. En France, l’Unapei est le principal mouvement qui aide les associations et ESAT (Établissements de Service et d’Aide par le Travail) pour faire du Facile à Lire et à Comprendre.

Il y avait plusieurs intervenants dont Bruno LE MAIRE (le vice-président de l’Unapei en charge de l’accessibilité), des représentants d’ESAT, mais aussi Armony ALTINIER (fondatrice de la société Koena), Mari-Wenn PUILLANDRE (chargée de mission information à la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie).

L’évènement était organisé pour réunir les transcripteurs en Facile à Lire et à Comprendre (FALC). Au cours de la matinée, beaucoup d’échanges ont eu lieu sur le sujet du Facile à Lire et à Comprendre. Les participants ont ainsi pu illustrer leurs expériences dans ce domaine de la transcription en FALC au sein des ESAT. Ils ont aussi beaucoup discuté sur leurs méthodes de travail en collaboration avec le public concerné. Bien entendu, la transcription en FALC n’est pas seulement le travail des accompagnateurs, les travailleurs handicapés intellectuels sont au centre du processus. Ils participent à toutes les étapes du processus. Encadrés par les accompagnateurs, ils font de la rédaction, de la transcription et de la relecture.

L’avenir du métier de transcripteur en Facile à Lire et à Comprendre

L’intervention d’Armony ALTINIER sur l’avenir du métier de transcription en FALC a suscité un petit débat.

En effet, Armony ALTINIER expliquait que les transcripteurs, dans leur travail, pourraient être amenés à recourir à des partenariats avec des ergonomes et des graphistes. C’est le cas si on sollicite les ESAT pour simplifier une interface lors d’une évolution d’une interface Web. Au-delà de l’utilisation de mots faciles à comprendre et de phrases courtes, les transcripteurs peuvent choisir des images pour faciliter la compréhension. La transcription en FALC c’est aussi gérer la présentation de l’information qui doit être accessible.

Or, des participants dans la salle ont exprimé leur désaccord en disant que le métier du transcripteur n’est pas de faire de l’ergonomie. Pourtant, une intervention d’un ESAT dans le Nord a confirmé avoir été sollicité pour accompagner la simplification des interfaces. Cette demande a permis à des travailleurs handicapés intellectuels de contribuer de façon utile et avec une grande autonomie, dans une position valorisante d’expertise en simplification.

Armony ALTINIER voulait ainsi rappeler que l’ergonomie est un métier et qu’une collaboration entre des ergonomes et des personnes handicapées intellectuelles, surtout à des fins de bonne présentation de l’information, pourrait ouvrir sur de nouvelles perspectives enrichissantes pour les ESAT.

Cap vers l’accessibilité numérique

J’ai rejoint la société KOENA en février 2019. J’occupe le poste de médiateur / formateur en accessibilité numérique. Je baigne dans le domaine de l’accessibilité depuis deux mois. L’accessibilité numérique concerne tous les types de handicap, mais je connais mieux tout ce qui est en rapport avec la déficience visuelle, étant moi-même aveugle et utilisateur de lecteur d’écran.

Ma participation à ce séminaire sur le Facile à Lire et à Comprendre (FALC) m’a permis de découvrir une autre facette de l’accessibilité numérique avec cette méthode qu’est la transcription. Le FALC est une démarche aussi fascinante que nécessaire au service de l’inclusion.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *