3 questions à… Roman Mkrtchian, développeur web chez Koena

3 questions à... Roman Mkrtchian, développeur web chez Koena

Cet entretien avec Roman Mkrtchian, développeur web chez Koena, nous permet de découvrir davantage les dessous de l’accessibilité numérique et de la formation.

Il a en effet plusieurs casquettes chez Koena :

  • développer des applications web accessibles. Pour cela, Roman utilise avec des frameworks comme Django et React ;
  • chargé de l’installation et de la maintenance des services internes open source (discussion, partage de fichiers etc.) ;
  • animer parfois des formations pour les développeurs sur l’accessibilité à travers la norme RGAA.

Ce témoignage va dans le prolongement des précédents articles sur le thème de la formation chez Koena.

Entretien avec Roman Mkrtchian, développeur web chez Koena

Être formé à l’accessibilité numérique : qu’est-ce que ça change à la pratique de développeur et développeuse ?

Il s’agit de penser à ce que chaque fonctionnalité soit utilisable par le plus de personnes possible.

Il faut alors se demander à chaque fois par exemple si avec seulement le texte, sans distinguer les couleurs, ou sans pouvoir utiliser la souris, une personne peut quand même utiliser notre application.

Ce processus passe aussi par le respect des critères RGAA ou WCAG. Ils permettent de nous guider pour maximiser la compatibilité avec les technologies d’assistance. Concrètement, en tant que développeur, on va régulièrement aller voir les rubriques du RGAA concernées pour vérifier par exemple qu’on respecte bien un contraste suffisant en fonction de la taille de notre texte, ou encore que les champs de notre formulaire utilisent des techniques qui permettront de les restituer correctement.

On va aussi régulièrement consulter les design patterns ARIA sur le site du W3C pour s’assurer que le widget qu’on développe a bien les bons rôles sur les éléments HTML pour qu’ils soient correctement identifiés, et réagit correctement aux touches ou commandes attendues (par exemple la touche « Echap » doit fermer un tooltip).

Est-il vraiment nécessaire pour un développeur ou une développeuse de se former ?

Oui, je pense qu’il est nécessaire de se former. La plupart des développeurs et développeuses web n’ont qu’une connaissance réduite du HTML et des techniques d’accessibilité. Ils ne sont donc pas toujours conscients de l’importance que ça pourrait avoir.

Lire le RGAA peut se faire mais c’est assez difficile à faire seul(e). En formation on a l’occasion d’expliquer les critères, les comprendre à travers des exemples, découvrir des outils utiles, et aussi discuter de certains points qui sont parfois sujets à interprétation.

Passer du développement web à développeur ou développeuse accessible et formateur ou formatrice : quelles sont les plus grandes différences ?

Quand on devient développeur ou développeuse accessible on a un nouveau domaine de responsabilité. De même que la qualité du code qui permet de le rendre maintenable dans le temps. Le design peut aussi rendre l’aspect attrayant pour les personnes voyantes. L’accessibilité permet de le rendre utilisable par un maximum de personnes. C’est un sujet important pour lequel il faut prévoir du temps dès le début du projet et tout au long.

À force de développer des applications en s’efforçant à respecter les normes, on les connaît de mieux en mieux. On peut alors aller plus loin que la conformité à la norme en adaptant dans chaque cas le code. Il doit répondre de la manière la plus pertinente possible à chaque situation de handicap. Par exemple, on peut déplacer le focus sur l’élément qui nous semble le plus logique d’un point de vue de l’expérience utilisateur suite à une action de celui-ci.

En tant que formateur ou formatrice, on a notamment l’occasion d’avoir des retours et d’enrichir sa pratique grâce aux différents échanges qui ont lieu pendant les formations.


  • Texte : Emma Jalis
  • Illustration : montage Canva

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